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<p>De 1985 à 1990, Serge Daney, figure emblématique de la cinéphilie, s’est entretenu chaque semaine à la radio de sa passion pour le cinéma avec tous ceux qui fabriquaient les films qu’il admirait : acteurs, réalisateurs, producteurs, compositeurs…</p><p>Adepte des salles obscures, Serge Daney est aussi un grand voyageur, ancré dans son époque. Ses entretiens nous entraînent au cœur du processus de création des films et d’une œuvre, tout en défendant un cinéma en prise avec le réel. La parole y est libre, toujours prête à rebondir au cours d’échanges dont la vivacité n’est pas sans rappeler les parties de tennis que Daney affectionnait tant.</p><p>Dans cette première série d’entretien consacrée aux cinéastes, vous entendrez des représentants de la nouvelle vague (Eric Rohmer, Jacques Demy), ses héritiers (Olivier Assayas, André Téchiné) et des cinéastes à la marge du cinéma commercial (Marguerite Duras, Alain Cavalier, van der Keuken).</p>
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<p>Ancien critique aux <em>Cahiers du cinéma</em>, héritier de la Nouvelle Vague, Olivier Assayas connaîtra la reconnaissance internationale avec <em>Irma Vep</em>, réalisé en 1996. Avant ce succès, une jeunesse rythmée par le son des années 1970, celui du Velvet Underground et de Janis Joplin, un voyage en Asie pour une enquête des<em> Cahiers, </em>ont marqué ses premiers essais cinématographiques consacrés au rock, à la création artistique et à l’Asie. Son premier long-métrage, <em>Désordre</em>, dressait un portrait de la jeunesse des années 80. Le deuxième, <em>L’Enfant de l’hiver</em>, venait de sortir lors de cette rencontre avec Serge Daney.</p><p><strong>Crédits archive</strong> <em>Microfilms </em>de Serge Daney, France Culture, 09/07/1989.</p>
<p>Autour de son film <em>Le lieu du crime</em>, André Téchiné explique combien il a besoin de partir d’endroits familiers, pour parvenir à les rendre étranges. Ses personnages vivent des révoltes et des ruptures, entre "l'horreur et l'utopie". Il évoque aussi son grand plaisir de travailler avec Catherine Deneuve, page blanche sur laquelle on peut tout inscrire.</p><p><strong>Crédits archive</strong> <em>Microfilms</em> de Serge Daney, France Culture, 11/05/1986.</p>
<p><span>Jacques Demy reste le cinéaste d’un monde enchanté, créateur d’un monde à la fois naturaliste et artificiel, de </span><em>Lola </em><span>(1961) et </span><em>La Baie des anges </em><span>(1963) à </span><em>Une chambre en ville</em><span> (1982), des </span><em>Parapluies de Cherbour</em><span>g (1964) à </span><em>Trois places pour le 26</em><span> (1988).</span><br><span>Dans une province française et urbaine, de Nantes, sa ville natale, à Cherbourg, ses personnages font des rencontres magiques en chantant (</span><em>Peau d’Âne</em><span>, 1970) dans un univers où le métier de peintre, tentation de sa jeunesse, n’est jamais loin.</span></p><p><strong>Crédits archive</strong> <em>Microfilms</em><span>, France Culture, 18/01/1987.</span><br></p>
<p>"Quand on me demande : pourquoi faites-vous du cinéma ?, je réponds : pour entendre. On croit que le cinéma c'est l'image, mais le cinéma c'est le son". Marguerite Duras est une parleuse qui aime s'exprimer "cut", que ce soit à travers le théâtre, la littérature ou le cinéma. Un numéro des Cahiers du cinéma conçu par elle (intitulé <em>Les Yeux verts</em>), avait marqué une consécration dans sa popularité de cinéaste, une carrière entamée en 1960 avec <em>Hiroshima mon amour</em> dont elle écrivit le scénario pour Alain Resnais.</p><p><strong>Crédits archive</strong> <em>Microfilms</em>, France Culture, 26/04/1987.</p>
<p>Rédacteur en chef des<em> Cahiers du cinéma</em> de 1957 à 1963, ayant fondé sa propre maison de production, Les Films du Losange, en 1962 avec Barbet Schroeder, Eric Rohmer poursuit depuis les années 50 une aventure unique et personnelle au sein du cinéma français. À travers ses cycles comme les <em>Contes moraux</em>, les <em>Comédies et Proverbes</em> ou encore les <em>Contes des quatre saisons (</em>dans lequel s'inscrit <em>Conte de printemps)</em>, il n’a jamais abandonné la parole et l’écriture, fidèle à son premier métier, celui de professeur de lettres et d’écrivain.<br>Avec Serge Daney, la conversation s'éloigne rapidement du film pour lequel il est invité, pour aborder la création, la solitude, la comédie, le succès ou l'insuccès et autres considérations économiques de la vie d'un film.</p><p><strong>Crédits archive</strong> <em>Microfilms</em> de Serge Daney, France Culture, 06/05/1990.</p>
<p>Alain Cavalier est devenu un "filmeur", enregistrant sans cesse sa vie avec sa caméra DV. Dans sa jeunesse de cinéaste, qu'il appelle son "argentic story", entre 1962 et 1968, il tourne quatre films qui manifestent son goût des acteurs : <em>Le Combat dans l'île</em> (1962) avec Romy Schneider, <em>L'Insoumis</em> (1964) avec Alain Delon ou <em>La Chamade</em> avec Catherine Deneuve (1968). Ayant rompu avec le cinéma commercial, c'est avec <em>Thérèse</em> qu'il renoue avec le grand public, touchant un million de spectateurs en salle. Présenté au festival de Cannes en mai 1986, le film obtiendra le Prix spécial du jury, ainsi que six récompenses à la cérémonie des Césars.</p><p><strong>Crédits archive</strong> <em>Microfilms </em>de Serge Daney, France Culture, 21/09/1986.</p>
<p>Photographe, critique de cinéma, artiste multimédia, grand voyageur, amateur de jazz... Le Néerlandais Johan van der Keuken fut tout cela. Infatigable expérimentateur du cinéma documentaire, il laisse une cinquantaine de films. Parmi eux, <em>I love $</em>, explore en 1986 la place boursière de New-York ou <em>Amsterdam Global Village </em>(1996), une déambulation de près de quatre heures sur les traces de quelques personnages liés par l’art du montage, dans le souvenir de <em>Berlin, symphonie d'une grande ville</em>, monument du cinéma d'avant-garde des années 20.<br>Cette conversation avec Serge Daney, qui suivit la diffusion à la télévision d'un opus sur la Révolution française, <em>Le Masque</em> (1989), est l'occasion d'une réflexion sur le concept de Révolution, sur les exclus qu'il a filmé et sur l'état de la société de l'époque.</p><p><strong>Crédits archive</strong> <em>Microfilms </em>de Serge Daney, France Culture, 25/02/1990.</p>
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