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Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.
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La place de l'argent dans la démocratie américaine en question, alors que le scrutin de mi-mandat qui se tient ce mardi, est d'ores et déjà le « plus coûteux » de l'histoire des États-Unis en termes de dépenses publicitaires. Une tendance exponentielle nourrie par les milliardaires de la tech, soucieux de soutenir des candidats favorables à leurs investissements et à leur vision du monde. La pluie de billets verts qui se déverse sur cette campagne électorale a été rendue possible par une décision de la Cour suprême américaine, datant de janvier 2010 : il s'agit de l'arrêt « Citizens United », qui reconnaît aux entreprises et aux syndicats le droit de financer des dépenses politiques indépendantes, au nom de la liberté d'expression. À lire aussi Midterms 2026: six questions sur les milliards de dollars qui financent les élections américaines Pour ce faire, ces organisations peuvent créer un « Comité d'action politique », ou PAC, une structure qui collecte de l'argent pour soutenir ou opposer certains candidats. Dans la foulée, toujours en 2010, une autre décision de la Justice américaine ouvre la voie aux « Super PACs », qui peuvent cette fois lever des fonds sans aucun plafond et dans une certaine opacité, pour financer des publicités, des sondages et d'autres contenus de campagne. Selon les dernières estimations, les dépenses publicitaires de ces élections de mi-mandat devraient atteindre 11,6 milliards de dollars, un montant record, qui dépasse déjà celui de la présidentielle de 2024. Des disparités entre démocrates et républicains Alors que les Démocrates bénéficient d'un large socle de petites contributions, les Républicains s'appuient plutôt sur de grands donateurs, souvent issus des milieux de la tech, des cryptomonnaies ou de l’intelligence artificielle. Ces riches contributeurs ont souvent des intérêts directs dans les décisions que les élus auront à prendre, comme par exemple au Texas, où l'implantation massive de centres de données très gourmands en eau et en énergie, est devenue un sujet central de cette campagne. L'homme « le plus riche du monde », Elon Musk , a justement des intérêts dans cet État où il vit une partie de l'année et où sont implantés les sièges sociaux de ses deux principales entreprises, SpaceX et Tesla. Les millions d'Elon Musk au Texas Effectivement, Elon Musk aurait versé environ 190 millions de dollars à des super PACs, pour financer la campagne sénatoriale du républicain Ken Paxton au Texas... presqu'autant d'argent que l'ensemble du camp démocrate pour cette élection ! Il faut dire qu'à l'échelle nationale, Elon Musk a injecté pas moins de 446 millions de dollars dans des comités d'action politique alignés sur les Républicains, y compris dans celui qu'il a lui-même créé - America PAC. Des sommes folles, qui font de lui le plus gros donateur politique individuel de l'histoire américaine, sur un seul cycle électoral. Et cette influence ne se limite pas au jour du vote, au point que certains se posent déjà la question de l’équilibre des pouvoirs après ces élections américaines. Le risque d'un bras de fer C'est le cas du journaliste français Thibault Prévost, qui vient de publier Technologie du coup d’État. Les programmeurs de l’autoritarisme, un essai dans lequel il décrit une « infrastructure numérique dont tous les moyens sont alignés au service de Donald Trump » et de son discours. Avec son éphémère département de l'efficacité gouvernementale, la structure DOGE qu'il dirigeait de facto, Elon Musk a contribué, selon cet auteur, à fragiliser l'administration fédérale, après la réduction massive de ses effectifs en 2025. Ces départs auraient facilité l'arrivée de profils jugés « loyaux » dans les rouages de l'État américain, et Thibaut Prévost estime donc que, même en cas de vague démocrate au Congrès, l'exécutif aura encore les leviers nécessaires pour maintenir un rapport de force, et empêcher toute politique visant à restaurer la taille et les moyens de l'administration fédérale. À lire aussi David Chavalarias : «Elon Musk : le coup d'État numérique»
Le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental - la Minurso, déployée depuis 1991 - a expiré ce week-end, sans être renouvelé. La Russie a opposé son veto à un projet de résolution américain qu’elle jugeait trop favorable au Maroc. Mais sa contre-proposition, qui prévoyait de prolonger la mission sans en modifier le mandat, a elle aussi échoué, faute de soutiens et face au veto américain. « La période de liquidation » de la Minurso s’est ouverte ce 1ᵉʳ novembre, après l’expiration de son mandat, renouvelé régulièrement depuis 35 ans. C'est une période d’incertitude qui s'ouvre au Sahara occidental , alors que le secrétaire général de l’ONU s’inquiète du risque d’escalade des hostilités. Dans un communiqué, Antonio Gutteres a confirmé la fin des opérations de la mission onusienne et l’organisation de son retrait du Sahara occidental – cette ancienne colonie espagnole que se disputent le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario. Une session mouvementée au Conseil de sécurité En 2020, le Maroc a obtenu l'appui des États-Unis, en échange de la normalisation de ses relations avec Israël, et depuis quelques mois, les deux pays multiplient les signes de rapprochement tant politique qu'économique. Washington soutient le plan d'autonomie du territoire sous souveraineté marocaine, tandis que le Front Polisario en revendique l’indépendance avec le soutien de l'Algérie. Le texte poussé par les États-Unis pour renouveler le mandat de la Minurso au Conseil de sécurité mentionnait effectivement le plan d'autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine comme « la seule base » de discussions possibles. La résolution américaine prévoyait aussi de retirer la mention d'un référendum du nom de la mission - le R de Minurso, alors qu'un scrutin pour l'avenir du Sahara occidental est attendu depuis trente ans par les populations sarahaouis. La Russie a dénoncé une approche « unilatérale », trop favorable à la position marocaine, choisissant de faire usage de son droit de veto. À lire aussi À la Une: la fin de la Minurso Une impasse qui satisfait Rabbat L'ambassadeur de Moscou à l' ONU a bien proposé une alternative au Conseil de sécurité, à savoir la reconduction « technique » pour une année de la mission dans sa forme actuelle. Mais ce texte n’a recueilli que trois voix favorables, face à onze abstentions et un veto des États-Unis. Le cabinet royal marocain a réagi dès vendredi, pour exprimer sa « satisfaction » suite au veto russe. Dans un communiqué sans ambiguïtés, Rabbat estime qu'une « page se tourne », que le « processus onusien (…) n'a plus lieu d'être » et que la Minurso, « héritée d'un contexte anachronique et révolu », doit partir au plus vite. Pour l'heure, le Front Polisario veut éviter toute escalade, estimant que le retrait de la Minurso ne met pas un terme au processus politique engagé depuis des décennies aux Nations unies. Celui-ci pourrait se poursuivre à travers d'autres instances de l'ONU, en dehors du Conseil de sécurité. Affaiblissement du Conseil de sécurité Pourtant, cet épisode démontre une nouvelle fois l'affaiblissement des Nations unies, et en particulier du Conseil de sécurité, paralysé par les divisions géopolitiques entre ses membres. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les relations entre les capitales occidentales et Moscou se sont détériorées, ce qui rend les positions russes plus difficiles à anticiper. Les autres membres du Conseil de sécurité n’avaient sûrement pas prévu que la Russie déciderait de bloquer l’adoption du texte et Moscou n'avait pas la garantie de réunir assez de soutien pour faire aboutir sa résolution. Et puis la fragilité des missions onusiennes s'est manifestée sur d'autres terrains ces dernières années, avec le retrait de la Minusma du Mali fin 2023, à la demande de Bamako qui s'était rapproché de Moscou. Au Liban, les pressions de l’administration Trump ont également conduit le Conseil de sécurité à programmer la fin des opérations de la Finul à partir de fin décembre 2026. À lire aussi Sahara occidental: l’ONU acte la «liquidation» de la Minurso
La justice colombienne ordonne la restitution d’œuvres d’art retirées du musée national de Bogota sur ordre du gouvernement. Le nouveau président d’extrême droite a lancé une bataille culturelle, comme d’autres dirigeants et formations populistes avant lui. Des traces de cadres sur les murs soulignaient l’absence de tableaux. Dans les vitrines d’exposition, des objets manquants. Depuis près de deux semaines, les visiteurs du musée national de Colombie à Bogota étaient privés de certaines œuvres. Elles avaient été retirées à la demande du nouveau président d’extrême droite, Abelardo de la Espriella . Culture « woke » Par cette mesure, le gouvernement colombien entendait lutter contre un « endoctrinement politique ». L’expression a été employée par la ministre de la Culture. Sa « générale », dit Abelardo de la Espriella, dans cette bataille culturelle. Une bataille contre la culture « woke », un terme anglais évoquant un éveil, une sensibilisation aux droits des femmes ou de minorités. Mais cette culture « woke » est, pour le nouveau président colombien, « l’un des grands cancers qui menacent l’identité nationale ». Le ministère de la Culture avait donc ordonné de retirer une trentaine d’œuvres des expositions du musée national : des portraits de chefs de guérilla, des photos de diverses campagnes de sensibilisation à l’interruption volontaire de grossesse, ou encore le stylo avec lequel les accords de paix entre la guérilla et le gouvernement avaient été signés en 2016. Saisie par des opposants, la justice a finalement ordonné le retour des œuvres. Le juge a estimé qu’il en va de « la protection constitutionnelle des expressions culturelles ». Mais Abelardo de la Espriella dénonce une « perversité » dans les milieux culturels et universitaires qu’il entend combattre en « exaltant les principes chers à la société colombienne que nos grands-parents nous ont transmis ». Son combat, promet-il, ne fait que commencer. États-Unis, Argentine, Slovaquie, Hongrie Ses propos contre le « wokisme » font évidemment écho à ceux de Donald Trump . Le président états-unien a aussi lancé cette bataille, se faisant notamment élire président du conseil du Kennedy Center, une prestigieuse institution culturelle de Washington, précisément pour mettre fin à ce qu’il qualifie de programmation « woke ». En Argentine , la première décision de Javier Milei après son accession à la présidence fut de dissoudre le ministère de la Culture. Un pas franchi avant lui par Jair Bolsonaro au Brésil en 2019. Ce fut là aussi une de ses premières mesures en tant que président. En Slovaquie , la ministre de la Culture a limogé les dirigeants des institutions culturelles. En Hongrie , Viktor Orban a transféré la gestion d’institutions culturelles à des fonds privés dirigés par des proches. Et en France , le Rassemblement national juge que les projets financés par le Centre national de la cinématographie sont « souvent idéologiquement orientés » : il dénonce une « entreprise de propagande ». Double objectif La bataille culturelle n’est ni nouvelle ni l’apanage des populismes de droite. Les politiques culturelles des régimes communistes favorisent aussi des œuvres qui promeuvent les valeurs qu’ils défendent. Cette bataille répond à un double objectif : redéfinir un récit national. Établir une nouvelle forme de société, comme dans le communisme – ou louer des traditions, des valeurs – comme le souhaitent les mouvements populistes de droite. Et puis cette bataille a un autre avantage. Elle permet d’obtenir des résultats rapides… De tenir, pour des gouvernements qui doivent rendre compte à leurs électeurs, des promesses bien plus rapidement et bien plus facilement que sur les questions de sécurité qui sont souvent leur principale promesse de campagne.
Le président finlandais et le Premier ministre norvégien ont appelé Vladimir Poutine, mardi 27 octobre. Un échange d’une heure et demie avec le président russe pour tenter de renouer un dialogue. Avec bien sûr la guerre en Ukraine en toile de fond. Un coup de fil qui marque une évolution notable de la position européenne. C’est une démarche en opposition avec la politique de l’ Union européenne depuis 2022. Le début de l’invasion à grande échelle de l’ Ukraine par la Russie a déclenché une politique d’isolement de Moscou. Pour les Européens, ce qui est en jeu dans cette guerre, c'est l’avenir de l’Ukraine mais aussi l’architecture sécuritaire du continent. Et ils estiment être visés par l’offensive russe. Si la Norvège ne fait pas partie de l’Union européenne, la Finlande est bien l'un des États membres du bloc. Et les deux pays font partie de l’ Otan , l’alliance militaire occidentale. Ils sont tous deux des soutiens forts de l’Ukraine. Mais c’est précisément le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui aurait sollicité cet appel : il était à Oslo la semaine dernière pour rencontrer les émissaires des États-Unis . Le communiqué de la présidence finlandaise précise toutefois que la démarche a été menée au nom de leurs pays, qu’ils n’ont pas été mandatés par les autres pays européens. Mais il y a bien eu concertation avec Kiev et un certain nombre de capitales européennes. Division européenne Malgré ce soutien, la démarche des deux pays nordiques a été diversement appréciée sur le continent européen. La Première ministre du Danemark a été très critique. Le ministre lituanien des Affaires étrangères a aussi dénoncé la démarche. Et la Suède a également exprimé son scepticisme. La question des contacts avec Moscou fait débat au sein de l’Union européenne depuis de nombreux mois. Emmanuel Macron , le président français, et Giorgia Meloni , la cheffe du gouvernement italien, ont appelé à rétablir le contact. Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique de l’Élysée, s’est même rendu à Moscou en février. Et en juillet 2025, Emmanuel Macron avait appelé Vladimir Poutine . Mais un bloc composé de l’ Allemagne , de la Suède, la Pologne , du Danemark et des pays baltes s’est opposé à un dialogue, considérant les demandes de Moscou aussi maximalistes qu’au premier jour de la guerre. Les positions évoluent mais l’idée ne fait toujours pas l’unanimité. Interlocuteurs acceptables Après quatre ans et demi de guerre, une conviction gagne les chancelleries européennes : l’issue ne se fera que par la diplomatie . La reprise du dialogue avec Moscou est donc inévitable. Mais cette évolution se fait aussi sous la pression de Washington. Donald Trump s’est rapproché de la Russie et il entend accélérer l’issue de la guerre. Il fait pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky, allège les sanctions contre la Russie. Et de nouvelles négociations trilatérales entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis doivent avoir lieu en novembre aux Émirats arabes unis . Pour les Européens comme pour l’Ukraine, le temps joue en leur défaveur. Et ils veulent porter eux-mêmes leur voix dans les négociations. Ils cherchent donc à s’immiscer dans les échanges entre Washington et Moscou. Pour y parvenir, les Européens doivent trouver des interlocuteurs acceptables par Moscou. Les initiatives françaises n’ont produit aucun résultat et Vladimir Poutine ne veut pas parler aux représentants de l’Union européenne, comme la cheffe de la diplomatie Kaja Kallas. Les dirigeants finlandais et norvégiens, eux, ont plus de facilités à tisser le dialogue avec Moscou. Les deux pays ont une frontière avec la Russie, et donc un intérêt direct à une relation pacifiée avec leur voisin. La Norvège a une tradition diplomatique d’intermédiaire ; c’est elle qui avait réussi à parvenir à un premier accord entre Israéliens et Palestiniens en 1993. Mais cet échange téléphonique demeure un premier contact. Il avait pour seul but d’établir une ligne de communication. L’échange n’a pas donné de résultat concret. Le seul indicateur du succès de la démarche est la durée de l’échange : une et demie. C’est long et donc vu comme un signal positif. Comme le fait que Vladimir Poutine accepte le dialogue. Mais reste la question la plus fondamentale : est-il prêt à un compromis ? À lire aussi Volodymyr Zelensky confirme qu'une réunion entre Russes, Ukrainiens et Américains aura lieu en novembre
Qui pour gouverner Israël durant les prochaines années ? Les Israéliens attendent de connaître le nom de leur prochain Premier ministre. Les résultats provisoires des élections du 27 octobre donnent un avantage à Benyamin Netanyahu mais, pour l’heure, sans majorité claire. La configuration du prochain gouvernement est aussi attendue sur la scène internationale. Car dans une région marquée par une multiplication des conflits, nombre de pays espèrent pouvoir relancer des efforts diplomatiques une fois la campagne terminée. Pour le Liban, il y a une certaine urgence. La situation au Liban est « intenable », a déclaré la semaine dernière Emmanuel Macron . Lors d’une tournée dans le Golfe, le président français, qui se présente comme un allié du Liban, a dénoncé la « pression » exercée sur le pays et « une souveraineté mise à mal ». C’est « la moins bonne manière de traiter la question du Hezbollah », juge-t-il. Le chef de l’État n’a nommé personne, mais les propos visaient notamment Israël qui occupe depuis le mois d’avril une bande d’une dizaine de kilomètres au sud du pays. La situation est « intenable » à plusieurs titres. Sur le plan humanitaire tout d’abord : sur une population de moins de six millions d’habitants, plus d’un million d’entre eux ont été déplacés par les combats. Et l’armée israélienne détruit des villages entiers dans le sud du pays. Et sur le plan politique, les États-Unis et Israël exigent du gouvernement qu’il désarme le Hezbollah , le mouvement chiite à la fois parti politique et milice. Mais le Hezbollah s’y refuse, affiche au contraire une volonté de se réarmer, mène des campagnes de recrutement. Et l’armée libanaise ne peut se lancer dans une opération coercitive contre ce mouvement. Risque de déstabilisation À court terme, il existe également un autre risque : celui d’une absence d’une force internationale dans le pays. Le mandat de la Finul, la mission des Nations unies lancée en 1976, expire le 31 décembre, soit dans deux mois. Le renouvellement de son mandat est hautement improbable : cette mission de maintien de la paix est très critiquée par Israël qui la juge inefficace. La France et l’ Italie , deux pays parmi les principaux contributeurs de la Finul, défendent le principe d’une présence internationale permettant de faire tampon entre Israël et les acteurs libanais et se disent prêtes à participer à une autre force. Mais pour pouvoir se déployer, il lui faut un mandat des Nations unies qui sera difficile à obtenir sans le soutien d’Israël. Le départ de la Finul sans remplacement créerait, aux yeux de Paris et Rome, un vide sécuritaire. Pour le Liban, le risque est double. Celui d’une déstabilisation accrue : le Liban a connu la guerre civile. Le pays repose sur un équilibre fragile entre ses communautés. Et ces dernières semaines, le ton est monté entre le gouvernement et le Hezbollah. Sous pression internationale, le président Joseph Aoun a lancé une bataille inédite contre le mouvement. Mais cette bataille est compliquée pour l’exécutif. L’armée libanaise est sous-équipée et ses soldats mal payés. Et le Hezbollah conserve une forte popularité et des appuis importants au sein des institutions de l’État : du gouvernement à l’armée. Le risque d’une nouvelle guerre contre Israël existe aussi. Si Israël et les États-Unis lancent une nouvelle offensive contre l’ Iran , le Hezbollah – allié de la République islamique – viendra probablement en soutien à Téhéran. Et la reprise de l’offensive contre l’Iran est une menace souvent brandie par Benyamin Netanyahu et Donald Trump. Consensus israélien La menace posée par le Hezbollah est un sujet qui fait consensus en Israël. Et quel que soit le prochain Premier ministre israélien, il est difficile d’envisager une inflexion de la position israélienne. Le principal opposant à Benyamin Netanyahu est Gadi Eisenkot, un ancien chef d’État-major. Et en tant qu’officier, il fut l’auteur de la doctrine Dahya. Une doctrine élaborée dans la lutte contre le Hezbollah qui préconise un usage excessif de la force contre des zones civiles pour créer un effet dissuasif. Et durant la campagne, il accusait Benyamin Netanyahu de concessions sur le front libanais. Une période de campagne porte toujours à un affichage de fermeté. Particulièrement dans un pays où les enjeux sécuritaires demeurent la préoccupation première des électeurs. Dans un sondage publié le 23 octobre par le quotidien Israel Hayom , 26 % des électeurs plaçaient la sécurité en tête de leurs préoccupations. Devant les enjeux économiques. Mais pour l’heure, l’intransigeance d’Israël et du Hezbollah combinée à l’impuissance de l’État libanais rend plus probable une dégradation de la situation.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ordonné le déploiement de troupes au Niger. Les deux chambres du Parlement ont donné leur accord à cette opération lors d’un vote dimanche 25 octobre. Cela marque un changement de position de la part de l’Algérie qui historiquement défendait une politique non-interventionniste. Elle a besoin de restaurer son influence au Sahel. C’est l’une des rares fois de l’histoire du pays et la première fois depuis 1973 que l’ Algérie va envoyer des soldats à l’étranger. L’ Égypte et la Syrie avaient alors lancé, en pleine fête juive de Yom Kippour, une offensive contre Israël pour tenter de récupérer des territoires occupés par le pays : la péninsule du Sinaï et le plateau du Golan, qui sont en droit international respectivement égyptienne et syrien. L’Algérie était alors venue en aide à l’Égypte en envoyant une brigade blindée et une cinquantaine d’avions. Ce fut le principal déploiement de l’armée algérienne hors des frontières nationales ; la doctrine militaire algérienne était globalement de refuser l’interventionnisme. Motivation sécuritaire Mais celle-ci a évolué ces dernières années. L’évolution a commencé en 2020 avec une révision de la constitution. Elle autorise désormais « l’envoi d’unités de l’armée nationale populaire à l’étranger ». Un éventuel déploiement doit toutefois être approuvé par les deux chambres du parlement à une majorité des deux tiers. C’est cet accord que le parlement vient de donner au gouvernement. Celui-ci ne l’avait néanmoins pas sollicité pour déployer des moyens aériens à Niamey le 30 août dernier, juste après une tentative de coup d’État. La motivation d’Alger est d’abord sécuritaire. Une préoccupation partagée avec Niamey ; ce déploiement fait suite à un accord entre les deux capitales. Le contingent algérien, dont la taille n’a pas été dévoilée, sera basé à Madama, dans le Nord du pays. Les mouvements armés dans cette région aux frontières poreuses menacent la stabilité du sud algérien et les projets de développement dans cette région. En envoyant des troupes dans le nord du Niger , l’Algérie offre donc un soutien aux autorités de Niamey mais espère aussi se prémunir d’un débordement des tensions nigériennes sur son propre territoire. Intérêts économiques L’Algérie a également des intérêts économiques au Niger. Sonatrach, le géant algérien des hydrocarbures, exploite le bloc de Kafra, un gisement pétrolier dans le Nord du Niger. Et Alger porte aussi un projet de construction de gazoduc reliant le Nigeria à l’Algérie et via elle, l’Europe. Ce gazoduc doit transiter par le Niger. Mais ce déploiement répond aussi à des objectifs à plus long terme de l’Algérie. Le pays veut restaurer son influence au Sahel. La région constitue, à ses yeux, sa « première ceinture ». Elle revêt donc une importance stratégique ; pour sa sécurité et pour l’ouverture qu’elle lui permet vers l’Afrique subsaharienne. Mais ses relations avec les pays de l’ Alliance des États du Sahel – le Mali, le Burkina Faso et le Niger - se sont dégradées. Jusqu’à un gros coup de froid diplomatique l’an dernier. En avril 2025, l’armée algérienne avait abattu un drone malien et les trois pays sahéliens ont alors décidé de rappeler leur ambassadeur à Alger. Au Niger d’abord puis au Mali ensuite, l’Algérie cherche désormais à renouer le dialogue et reprendre pied. Aire d’influence Mais l'Algérie se trouve aussi dans une position inconfortable sur le plan géopolitique. Ses relations avec les pays de la rive Nord - Espagne et France en tête - sont tendues. À l'ouest, son soutien aux indépendantistes du Sahara occidental la met en conflit avec le Maroc. Et à l'Est, elle a vu l'influence des Émirats arabes unis grandir. Or, en Libye comme au Soudan, Abu Dhabi et Alger soutiennent des camps opposés. Et des soupçons pèsent sur un possible soutien émirien à la tentative de coup d’État au Niger fin août. La rivalité a conduit l'Algérie à rompre le mois dernier ces relations avec les Émirats. Quelque peu encerclée, l'Algérie a besoin de retrouver une aire d’influence au Sud. À lire aussi Algérie: pourquoi le Parlement a voté pour l'envoi d'unités militaires au Niger
Vendredi 23 octobre, la présidente de la Commission européenne s’est dite « profondément alarmée par une nouvelle escalade russe en mer Noire ». Une inquiétude de la cheffe de l’exécutif européen exprimée après une attaque au drone subie par un cargo au large de la Roumanie. En différents points du monde, les conflits en mer se multiplient. Les attaques de cargos en mer Noire ne sont pas un phénomène totalement nouveau. Depuis le début de la guerre à grande échelle en Ukraine en 2022, elles se sont multipliées. Mais elles ont pris plus d’ampleur depuis le début du mois d’octobre. L’agence Reuters a recensé au moins sept cargos touchés depuis le début du mois au large de la Roumanie mais aussi de la Bulgarie. Et le bilan humain de ces attaques est lourd : une trentaine de marins ont été tués ou sont portés disparus. Renforts de l’Otan Vendredi, la Roumanie a ouvertement accusé la Russie d’être à l’origine de cette frappe de drone. La Bulgarie, elle, s’est gardée d’accusation directe, mais l’ambassadrice de Russie dans le pays a tout de même été convoquée par les autorités bulgares. Ces attaques sont devenues un sujet d’inquiétude pour les gouvernements européens. Samedi, Jean-Noël Barrot a effectué la première visite d’un chef de la diplomatie française en vingt ans en Bulgarie ; il ne s’est pas rendu à Sofia, la capitale, mais à Varna, sur les bords de la mer Noire, présentant sa visite comme une marque « de soutien et de solidarité » . L’Otan, de son côté, avait annoncé mardi l’envoi de renforts dans la zone. L’Alliance militaire de l’Atlantique Nord veut notamment « soutenir les activités de surveillance, de reconnaissance et d'enquête » . À lire aussi L'Ukraine face au fléau des drones russes Geran-5 Différend en Méditerranée orientale Mais la mer Noire est loin d’être la seule mer gagnée par les conflits. Les cas du Golfe arabo-persique et de la mer Rouge avec les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb occupent le devant de l’actualité. Les entraves ou les risques qui y pèsent sur le trafic maritime ont entraîné une hausse des prix de l’essence. Mais les exemples se multiplient : en Asie, l’Institut naval des États-Unis constatait au début du mois une augmentation des incidents entre les forces philippines et chinoises. Les deux pays ont un différend sur leurs eaux territoriales en mer de Chine du Sud. En Méditerranée orientale, les tensions pourraient monter également en Méditerranée orientale. La Turquie conteste les droits de la Grèce et de Chypre dans certaines zones. Les deux pays ont prévu d’y installer un réseau électrique sous-marin devant les relier à Israël. Mais Ankara revendique une souveraineté. Cette position est aussi défendue par la Libye où, après sept ans de blocage, le parlement a ratifié la semaine dernière un accord délimitant une frontière maritime entre les deux pays. Le texte est rejeté par l’Égypte et l’Union européenne. Rapport de force Au cours des dernières décennies, les mers sont devenues de plus en plus stratégiques. L’activité commerciale, une fonction qui existe depuis l’Antiquité, s’est renforcée avec le développement du commerce international : il se fait très largement par voie maritime. Mais à celle-ci se sont aussi ajoutées d’autres fonctions. Les mers sont aussi pleines de ressources : en poissons mais également en hydrocarbures, en terres rares… Là aussi, leur exploitation s’est développée. Et puis elles se sont remplies de câbles : qu’ils soient numériques ou électriques, ils sont stratégiques. Ce sont là autant de vulnérabilités qui sont exploitées par des compétiteurs, des pays rivaux. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le monde a tenté de se doter de conventions afin de régler pacifiquement des conflits. Et il existe bien un droit de la mer. Mais dans un monde où le rapport de force prend une place de plus en plus importante dans les relations internationales, le cadre multilatéral est de plus en plus ignoré : sur terre comme sur mer. Et depuis une dizaine d’années, sur l’ensemble des continents, il existe un mouvement de réarmement naval. À lire aussi Bataille navale en mer d'Azov: les drones ukrainiens prennent le dessus sur la Russie
Luis Inacio Lula da Silva face à Flavio Bolsonaro : le dernier débat de la campagne présidentielle brésilienne a lieu vendredi 23 octobre au soir. À deux jours du second tour, les deux candidats restent au coude à coude dans les sondages. Traditionnellement, ces rendez-vous télévisés étaient des moments importants de la campagne. Mais aujourd’hui, les réseaux sociaux ont pris une place prépondérante. Et le Brésil est un cas d’école. En 1901 déjà, l’éditorialiste états-unien Arthur Brisbane écrivait : « Utilisez une image, elle vaut mille mots. » Cette affirmation n’en est devenue que plus vraie depuis l’émergence des réseaux sociaux. Dans cet entre-deux-tours au Brésil, une image a ainsi suscité beaucoup de réactions. Celle d’un partisan de Lula perché sur le toit d’une sortie du métro sur la grande avenue de São Paulo, l’avenue Paulista lors d’un rassemblement des partisans du président sortant candidat à sa réélection. Visage masqué mais torse athlétique dénudé, drapeau de Lula à la main. Les réseaux sociaux l’ont baptisé le « gostoso da Paulista » (le « beau gosse de l’avenue Paulista ») . Par lui, la gauche devenait énergique, désirable. Le « gostoso da Paulista » n’est pas qu’anecdotique. Car c’est bien sur les réseaux sociaux que le camp Lula a concentré ses efforts. Avant le premier tour, il n’avait pas investi ce champ, laissant ainsi de la place à son adversaire. Arrivé en deuxième position le 4 octobre et sans report de voix possible, Lula a changé de stratégie. Avec succès : ses posts ont suscité près de quatre fois plus de réactions que ceux de son adversaire. Sa chaîne WhatsApp, au nom éloquent d’ « armée de Lula » , a trois fois plus d’abonnés que celle de Flavio Bolsonaro, baptisée elle « régiment de Flavio » . À lire aussi Présidentielle au Brésil: Lula et Flavio Bolsonaro jettent leurs dernières forces dans la bataille du second tour Force mobilisatrice Le vocabulaire militaire souligne un peu plus que c’est bien là que se joue la bataille électorale. Le Brésil est l’un des pays qui comptent le plus grand nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux et les plateformes y sont devenues une source majeure d’information. Devancé par son rival début octobre, Lula remonte désormais dans les sondages. La nouvelle stratégie numérique redonne de l’espoir à son camp. La force mobilisatrice des réseaux sociaux est documentée. Lors du printemps arabe en 2011 déjà, Facebook et Twitter ont servi la mobilisation. Ils ont permis l’expression de griefs dans des pays où les médias traditionnels étaient très contrôlés et facilité l’organisation des manifestations. Les plateformes, parfois différentes, ont encore accompagné les grandes mobilisations de ces dernières années. En septembre 2025 au Népal, les manifestants avaient même organisé sur la plateforme Discord une consultation pour déterminer qui devait prendre la tête d’un gouvernement de transition. Déstabilisation Mais leur force déstabilisatrice est connue également. Les réseaux sociaux véhiculent aussi de fausses informations. Certaines sont amplifiées par des États étrangers, pour peser sur les résultats d’un scrutin. En décembre 2025, la Cour constitutionnelle de Roumanie avait ainsi invalidé le premier tour de la présidentielle , estimant notamment que TikTok avait été instrumentalisé en faveur du candidat pro-russe. C’était la première fois que le rôle d’une plateforme conduisait à l’annulation d’un scrutin. Il y a la question de l’impartialité des plateformes ; elle est posée dans la campagne qui s’achève au Brésil. Lula accuse Meta d’avoir favorisé son adversaire . Une douzaine d’organisations ont aussi relevé des indices d’un possible traitement favorable au candidat d’extrême droite. Le groupe états-unien rejette les accusations, reconnaissant uniquement des « dysfonctionnements » techniques. Le différend sera tranché par le tribunal suprême électoral. La liberté d’expression en question Une démocratie peut-elle s’assurer de ne pas être déstabilisée par les nouveaux outils technologiques ? Là encore, l’exemple du Brésil est instructif. En 2014, il a été l’un des pionniers à adopter une législation garantissant les droits des internautes. L’un de ses objectifs était alors de garantir la liberté d’expression et la protection des usagers. Mais en janvier 2023, une tentative de coup d’État a posé la question en d’autres termes : quelle a été la part de la désinformation et des discours de haine dans ce mouvement ? Ce sont ces motifs qui sont invoqués l’année suivante par un juge de la Cour suprême pour ordonner à X de bloquer des comptes. Elon Musk, propriétaire d’X, a dénoncé une censure. Le bras de fer a conduit à l’interdiction au Brésil pendant plus d’un mois de la plateforme détenue par l’homme d’affaires d’extrême droite. X a finalement dû se conformer à la législation brésilienne. Deux visions de la liberté d’expression s’opposent aujourd’hui. L’une, aujourd’hui portée par des personnalités comme Elon Musk ou Donald Trump, défend une liberté individuelle qui ne doit pas avoir de limite : Flavio Bolsonaro , défendant un « Internet libre » et promettant de révoquer les décrets pris par le président sortant, fait partie de ce camp. Et ceux qui ont une vision d’une liberté qui s’arrête là où commence celle de l’autre ; c’est la position défendue par Lula qui veut au contraire « avancer encore » dans la régulation. Les réseaux sociaux interrogent l’un des droits les plus fondamentaux d’une démocratie. Et pour les Brésiliens, l’un des enjeux de ce scrutin de ce dimanche sera de choisir entre ces deux définitions.
La Russie se dit prête à la reprise des négociations trilatérales avec les États-Unis et l’Ukraine après les élections de mi-mandat aux États-Unis. L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion, ce mercredi, entre le président russe et l’émissaire états-unien Steve Witkoff. Autre sujet abordé par les deux hommes : une rencontre trilatérale entre les présidents russe Vladimir Poutine, états-unien Donald Trump et chinois Xi Jinping. Le Kremlin dit avancer dans les préparatifs de cette réunion dont peu d’annonces sont à attendre mais qui aurait une portée symbolique importante. Il s’agit d’une initiative de Vladimir Poutine. Selon le Wall Street Journal , le président russe aurait proposé cette rencontre à son homologue états-unien le 9 octobre, lors d’un échange téléphonique. Les trois dirigeants doivent participer au sommet de l’APEC, l’organisation de coopération économique pour l’Asie-Pacifique. Il se tiendra les 18 et 19 novembre en Chine. L’idée est donc d’organiser, en marge de cet événement, une rencontre trilatérale. Donald Trump assure que l’Ukraine ne sera pas évoquée dans ces discussions. Le président états-unien assure qu’il sera question de désarmement nucléaire. Mais le Kremlin, de son côté, a clairement signifié que le but de cette rencontre trilatérale était d’évoquer la guerre qu’il a lancée contre son voisin. À lire aussi Guerre en Ukraine: les émissaires états-uniens Kushner et Witkoff en mission à Moscou et Kiev Zones d’influence C’est un sujet d’inquiétude pour l’Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky a demandé à être invité aux discussions, et pour les Européens, qui ne sont pas conviés non plus. En août 2025, Donald Trump et Vladimir Poutine s’étaient déjà rencontrés à Anchorage, en Alaska, pour évoquer la guerre en Ukraine sans autre interlocuteur autour de la table. Et cette possible rencontre trilatérale, comme le sommet Trump-Poutine de 2025 , fait l’objet d’un parallèle historique. En 1945, alors que la défaite de l’Allemagne nazie semblait inévitable, le président états-unien Franklin Roosevelt, le Premier ministre britannique Winston Churchill et le dirigeant de l’URSS Joseph Staline se sont retrouvés pour évoquer l’avenir de l’Europe. C’est la conférence de Yalta , du nom d’une station balnéaire sur les bords de la mer Noire, en Crimée aujourd’hui occupée par la Russie. Les dirigeants des trois grandes puissances alliées ont alors divisé l’Europe en zones d’influence : l’Est, libéré par l’armée rouge, pour les Soviétiques et l’Ouest pour les Occidentaux. Mais les pays concernés n’ont pas été consultés. Avec cette rencontre trilatérale annoncée le mois prochain, la crainte est que, comme à Yalta, les trois dirigeants se mettent d’accord sur des zones d’influence de chaque pays. Le continent américain, jusqu’au Groenland, reviendrait aux États-Unis. Son « étranger proche » à la Russie – c’est-à-dire les pays anciennement dans la sphère soviétique, ce qui inclurait l’Ukraine, mais aussi les pays baltes, aujourd’hui membres de l’Union européenne et de l’Otan, l’alliance atlantique. Et pour la Chine, l’Asie du Sud-Est et Taïwan. Récit de puissance La photo de cette rencontre trilatérale en Chine aurait des ressemblances avec celle de Roosevelt, Churchill et Staline à Yalta. Trois dirigeants de grandes puissances tentant de mettre fin à un conflit. Mais le parallèle avec Yalta a ses limites. En 1945, ce sont trois pays alliés qui partageaient un même objectif, défaire l’Allemagne nazie, qui se sont réunis sur les bords de la mer Noire. Malgré le rapprochement entre les deux capitales, les États-Unis et la Russie ne sont pas alliés. Et Washington et Pékin sont des rivaux dans le Pacifique. La méfiance est forte : cette rencontre, si elle doit avoir lieu, n’aurait pas les mêmes effets que Yalta. Cette réunion servirait principalement à nourrir le récit de puissance de ces trois dirigeants, en signifiant au reste du monde qu’ils peuvent discuter de leur avenir sans l’impliquer. En cela, elle serait un coup porté à l’ordre international construit au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour tenter de régler les conflits. Cet ordre international est aujourd’hui, certes, contesté par d’autres. Les pays du Sud lui reprochent de ne pas prendre en compte les réalités du monde contemporain. Mais ils ne veulent pas son abrogation, plutôt son adaptation. Que le système international intègre d’autres voix. Or, le message de cette rencontre serait l’inverse : celui que l’avenir du reste du monde peut se décider à trois. À lire aussi Ukraine: les Européens hantés par les «fantômes de Munich» et Donald Trump par Yalta
Une nouvelle journée de mobilisation, mardi 21 octobre, en Albanie pour dénoncer la corruption du gouvernement et réclamer le départ du Premier ministre, Edi Rama. Un mouvement de protestation qui met l’Union européenne dans l’embarras. Il interroge, comme la Serbie avant l’Albanie, sa stratégie d’élargissement dans les Balkans. L’élargissement de l’ Union européenne dans les Balkans est une priorité de Bruxelles. « Une priorité » et « un investissement géopolitique crucial » selon les mots même d' Antonio Costa , le président du Conseil européen, lors d'une tournée dans les Balkans en juin dernier. Une priorité car pour Bruxelles, il y a une volonté d’ancrer les Balkans à l’Ouest et de contrer l’influence de la Russie dans cette région qui, durant la guerre froide, faisait partie du bloc de l’Est. Cinq pays de la région ont aujourd’hui le statut de candidat officiel et un, le Kosovo , de candidat potentiel. Deux, le Monténégro et l’ Albanie , font figure de candidats les plus avancés dans la région. Ce pourrait être dès l’année prochaine pour le Monténégro. Et il y a trois semaines, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen estimait que pour l’Albanie aussi « l’objectif est en vue ». Même si elle reconnaissait qu’il « reste du travail à accomplir ». Corruption Mais ces manifestations soulignent que cet objectif n’est peut-être pas si proche que ça. Les manifestants dénoncent la corruption au sein du gouvernement. Une corruption qui est documentée. L’Albanie était 91e l’an dernier dans le classement de l’organisation Transparency International, sur 182 pays. L’Albanie a même chuté de onze places par rapport à 2024. Le pays a fait des efforts dans la lutte contre la corruption avec notamment la mise en place d’une structure spéciale pour enquêter et juger les faits de corruption et liés au crime organisé en décembre 2019. Elle a eu des résultats : d’anciens hauts dirigeants placés en détention. Mais lorsqu’en octobre dernier, elle a inculpé la vice-Première ministre, Belinda Balluku, une proche du chef du gouvernement, celui-ci l’a protégée. Et le parlement a refusé de lever son immunité parlementaire. Ces manifestations posent aussi la question de l’état de droit. Si Edi Rama dénonce les violences des manifestants qui ont incendié des bâtiments publics, les organisateurs de ce mouvement, eux, des violences policières à l’encontre des manifestants et des journalistes. À lire aussi Albanie: d'une ampleur inédite, la protestation anti-pouvoir monte d'un cran Tiédeur européenne Mais l’Union européenne a une réponse très discrète sur ces mouvements. La délégation de l’UE en Albanie s’est contentée d’appeler les autorités à adopter une réponse proportionnée. Et de rappeler que « la liberté de réunion et la liberté d'expression sont des droits fondamentaux et des valeurs européennes essentielles ». Et en Serbie aussi, des manifestants ont pris la rue pour dénoncer la corruption. Leur mouvement a commencé en novembre 2024 ; il a gagné de l’ampleur. Lui aussi a été marqué par des actes de violence ; manifestants et forces de l’ordre s’en rejetaient la responsabilité. Là aussi, l’Union européenne avait souligné son attachement au droit de manifester et avait appelé à une réponse proportionnée de la part des forces de l’ordre, se gardant toutefois de dénoncer frontalement leur gestion de ces manifestations. Valeurs de l’UE Le mouvement a conduit à des élections législatives anticipées. Elles auront lieu ce dimanche. Un parti issu de la contestation se présente. Mais des craintes pèsent sur l'intégrité du scrutin. Bruxelles veut éviter que les dirigeants de ces pays aillent trouver à Moscou un soutien qu’ils n’auraient pas au sein de l’Union européenne. Cela explique la tiédeur de ses réactions face à ses mouvements. Mais la Serbie et l’Albanie posent une question : pour contrer l’influence russe en Europe, l’UE n’est-elle pas en train de renoncer aux valeurs sur lesquelles elle s’est bâtie ? À lire aussi Élargissement de l’Union européenne: pourquoi Bruxelles ralentit et accélère à la fois
Les États-Unis et Israël vont-ils relancer leur guerre contre l’Iran ? À deux reprises en moins de 24 heures, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a évoqué cette perspective. Donald Trump a aussi laissé planer la menace. Qu’elle que soit la forme qu’elle prendra, la confrontation avec l’Iran prolonge l’instabilité autour du Golfe arabo-persique. Dimanche soir d’abord puis lundi matin, Benyamin Netanyahu a tenu des propos menaçants vis-à-vis de l’ Iran . Remerciant Donald Trump pour le soutien qu’il venait de lui accorder, le Premier ministre israélien a d’abord assuré qu’ensemble, ils allaient « finir le travail ». Puis le lendemain, lors d’une visite d’une base aérienne, il a assuré qu’Israël a « la capacité de frapper ses ennemis à tout moment ». Benyamin Netanyahu n’a pas cité l’Iran nommément. Mais la République islamique est, aux yeux des responsables israéliens, leur principal ennemi. Et il n’est pas le premier à évoquer une reprise des bombardements en Iran. Donald Trump l’a fait avant lui. Le président états-unien a d’abord assuré que cela ne serait pas avant les élections de mi-mandat, donc le 3 novembre. Puis il a déclaré qu’il prendrait sa décision « très bientôt ». Avant, en fin de semaine dernière, d’évoquer une campagne simultanée de frappes sur les centrales électriques et les ponts iraniens. Contexte électoral En Israël comme aux États-Unis , des élections cruciales pour l’avenir des deux dirigeants doivent se tenir dans les prochains jours. Mardi prochain, les Israéliens sont appelés à renouveler leur parlement, et indirectement choisir un nouveau Premier ministre. Les sondages pronostiquent des résultats serrés entre Benyamin Netanyahu et son principal rival, Gadi Eisenkot. Quant à Donald Trump, il pourrait perdre sa majorité dans les deux chambres du Congrès une semaine plus tard. Ces déclarations sont à lire dans ce contexte électoral. Benyamin Netanyahu mène toutes ses campagnes en se présentant comme l’homme capable d’assurer la sécurité d’Israël. Et depuis de nombreuses années, il désigne l’Iran comme la principale menace pour le pays. Par ces déclarations, il veut donc faire passer le message aux Israéliens qu’il continuera à les protéger. Et pour Donald Trump aussi, il s’agit, dans cette période électorale, de convaincre de sa capacité à défendre son pays. Mais lui a une autre considération à prendre en compte : l’impact de sa décision sur les prix du pétrole . Car la question du pouvoir d’achat est au cœur de la campagne aux États-Unis. Attaques iraniennes dans le détroit d’Ormuz De son côté, l’Iran maintient également la pression. De manière verbale, comme ses rivaux. Lorsque Benyamin Netanyahu a évoqué dimanche soir son intention de « finir le travail », le chef de la diplomatie iranienne a répondu : « la dernière fois que vous avez voulu "finir le travail", l'Iran en est sorti encore plus fort ». Mais militairement aussi. Ses attaques contre des bateaux dans le détroit d’Ormuz ont augmenté : plus d’une vingtaine depuis le début du mois. Téhéran veut contrer une reprise des flux pétroliers qui montrait que son emprise sur le détroit d'Ormuz s'affaiblissait. Autres acteurs régionaux : les monarchies pétrolières du Golfe. Sans être partie prenante au conflit, elles avaient été les principales cibles des tirs iraniens en mars et avril. Et elles ont pleinement conscience qu’elles ont été propulsées le 28 février dernier dans une nouvelle ère. Ils seront entraînés dans chaque confrontation entre le bloc Israël - États-Unis et l’Iran. Et que la guerre reprenne ou pas, l’instabilité va durer. La défense comme priorité pour les pays du Golfe Leur priorité est donc devenue de renforcer leurs capacités de défense. Par des alliances : les Émirats arabes unis ont clairement signifié que, malgré leur désaccord sur le déclenchement de cette guerre, les Accords d’Abraham, avec leur volet lié à la défense, qu’ils ont signés avec Israël sont stratégiques. L’ Arabie saoudite , elle, s’est rapprochée du Pakistan et de la Turquie avec qui elle a signé en juillet un accord de défense. Mais les pays du Golfe veulent aussi développer leurs capacités de défense. Par des achats : ils multiplient ainsi les partenaires pour renforcer leur défense anti-aérienne. La Corée du Sud, l’Ukraine, la France en font partie. Mais aussi par le développement de leurs propres industries de défense. Et c’est l’un des enjeux de la visite actuelle d’ Emmanuel Macron dans le Golfe où tous les pays partagent une certitude : pendant des décennies, le parapluie états-unien leur a permis de se concentrer sur leur développement économique. Aujourd’hui, il ne peut plus y avoir de développement économique s’ils ne sont pas en mesure d’assurer leur propre défense.
S’il y a indéniablement un contexte national aux manifestations qui secouent la France actuellement, elles s’inscrivent également dans un paysage international : celui des mobilisations, à travers le monde de la Gen Z, les personnes nées entre la fin des années 90 et le début des années 2010. L’appel à manifester ce 17 octobre a été lancé de manière distincte de la mobilisation lycéenne. Il date de plusieurs semaines déjà et avait pour moteur la hausse du coût de la vie. Mais il n’aurait pas nécessairement eu la même ampleur sans une convergence des luttes. Et les revendications des lycéens étaient encore au cœur des cortèges, ce samedi. Portées par les lycéens eux-mêmes mais aussi par d’autres catégories de la population : parents, grands-parents, ou adultes sensibles à ces demandes et souvent choqués par la réponse des autorités. Plus de 8 000 personnes – dont une très large majorité de mineurs – ont été placées en garde à vue au cours de ce mois de mobilisation lycéenne. De l’Iran à Madagascar Depuis la mi-septembre, la jeunesse française réclame de meilleures conditions pour étudier : plus de professeurs, des rénovations de leurs établissements. Une jeunesse française mobilisée, comme d’autres avant elle. Ces dernières années, cette génération est descendue dans la rue dans plusieurs pays. Le mouvement « Femmes, vie, liberté » né en septembre 2022 en Iran après la mort de Mahsa Amini , âgée de 22 ans, après son arrestation par la police des mœurs, a été porté par les jeunes : la Gen Z ou la génération Y, celle juste avant. Au Népal , en septembre 2025, c’est elle aussi qui a pris la rue après l’interdiction de 26 plateformes et réseaux sociaux , dénonçant la corruption d’un gouvernement… qu’elle a finalement fait tomber. Quasi simultanément, au Maroc , c’est un collectif baptisé « Gen Z 212 » - en référence à l’indicatif téléphonique du pays – qui a organisé les protestations réclamant de meilleurs hôpitaux et de meilleures écoles. Septembre-octobre 2025 encore : cette fois à Madagascar , cette fois motivées par des coupures d’eau et d’électricité. Mais toujours la Gen Z au cœur d’un mouvement qui a chassé le président. Et les exemples se poursuivent : en Inde , c’est elle aussi qui a lancé en mai dernier un vaste mouvement. D’abord centré sur le mécontentement d’étudiants dont l’examen venait d’être annulé mais qui s’est élargi à la dénonciation de la corruption et de la politique du gouvernement. Contexte propre à la Gen Z Chaque mouvement s’inscrit dans un contexte national précis, avec des revendications propres. Et la mobilisation des jeunes n’est pas un facteur spécifique à la Gen Z. Ils étaient au cœur des révolutions du « Printemps arabe » il y a 15 ans. Mais il y a un contexte propre à cette génération. Elle a grandi dans un environnement économique marqué par la crise de 2008 qui a causé la plus grave récession de l’économie mondiale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945… et une explosion du chômage. La crise du Covid-19 en 2020 est venue porter un nouveau coup à l’économie mondiale. Mais elle a aussi contribué à renforcer une conviction : il y a urgence à construire un nouveau monde. Un sentiment qui existait déjà, né d’une prise de conscience de l’impact du changement climatique . Crise économique, crise sanitaire, crise climatique : cette accumulation de défis n’a pas fini de nourrir des revendications de la part de ceux qui ont toute une vie à construire. À lire aussi Génération Z: un mouvement de contestation exacerbé par l’effet miroir des réseaux sociaux
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est à Bruxelles depuis jeudi. Au programme, des rencontres avec les dirigeants de l’Otan, de l’Union européenne et des rencontres bilatérales avec des chefs d’États et de gouvernement. Pour une raison simple, Volodymyr Zelensky cherche des soutiens en Europe, car il n’a plus beaucoup d’amis ailleurs. Les derniers jours lui ont montré que les États-Unis sont redevenus pratiquement aussi ouvertement hostiles qu’ils l’ont déjà été avec lui. C’est l’accord avec la Russie et la levée des sanctions pour la fourniture de gasoil russe. C’est l’appel de Donald Trump à remplacer le président ukrainien. C’est toujours Donald Trump qui annonce, apparemment un peu vite, un cessez-le-feu énergétique. Un accord qui peine à se concrétiser, comme souvent avec les annonces du président américain. C’est surtout le tarissement du renseignement américain qui omet de prévenir de l’imminence de frappes russes. C'est le ralentissement apparemment décidé à la Maison Blanche de Starshield, version militaire du système de communication Starlink d’Elon Musk dont l’ Ukraine a besoin pour se défendre et piloter des drones. Ce sont enfin les menaces de Donald Trump sur le programme PURL qui permettent, depuis que les États-Unis ont cessé de fournir directement l’Ukraine, aux membres européens de l’Otan d’acheter des armes américaines, pour les fournir à Kiev. Budget pluriannuel Volodymyr Zelensky est à Bruxelles dans un contexte budgétaire très particulier. Le Conseil européen qui se déroule depuis hier est consacré aux discussions sur le budget pluriannuel de l’Union. Et ce sont en général des discussions difficiles où chaque pays défend les programmes dont il bénéficie. Il y a quelques années, le président de la commission conseillait aux participants d’apporter plusieurs chemises. Bref, c'est le moment où on compte ses sous et la guerre en Ukraine coûte cher. Par exemple, la France s’est engagée à plus de 25 milliards d’euros en aide directe ou indirecte via l’Union depuis 2022. Et le niveau de la dette française, 119 % du PIB, devient très préoccupant. C’est pareil pour les autres pays et pour l’Union, partagée entre pays attachés à l’orthodoxie budgétaire et ceux qui essuient les reproches des premiers. Prix, durée de l’aide, c’est ce qui explique que, tout en affirmant leur soutien à l’Ukraine, de nombreux pays disent aussi leur soutien à un cessez-le-feu énergétique. Car si l’envolée des prix à la pompe a surtout été déclenchée par la guerre en Iran, toute forme de répit financier est bonne à prendre, en raison aussi d'un coût politique. Série d'élections clés Il y a le contexte économique et donc aussi le contexte politique. L’ Europe fait face à une série d’élections clés : Espagne, France, Italie, Pologne, pour lesquelles différents partis illibéraux ou d’extrême droite ont le vent en poupe. Cela pourrait faire basculer ou même bloquer l’Union. C'est pour cela que certains pays aimeraient en finir rapidement avec le budget pluriannuel. C’est pour cela que Volodymyr Zelensky est là. Il aimerait sécuriser l’aide européenne pour plusieurs années avant ces échéances électorales très importantes. La preuve, la veille de son arrivée, Marine Le Pen, favorite des sondages de la présidentielle en France, et qui change souvent d’avis sur le sujet au gré des circonstances et des interlocuteurs, a annoncé à Bruxelles que sous sa présidence, l’aide française à l’Ukraine serait stoppée au bout de six mois. À lire aussi Le Conseil européen se réunit pour décider des futures orientations budgétaires de l'UE
Cinq mois après le début de la 17e épidémie de virus Ebola en République démocratique du Congo. Une épidémie et son traitement qui illustrent le poids grandissant d’un pays dans les instances mondiales de la santé. Ce pays, c’est la Chine. En Afrique, la Chine ne se contente pas de construire des infrastructures industrielles et de transports, d’investir dans ses nouvelles routes de la soie. Elle est aussi de plus en plus active en matière de santé avec des aides d’urgence, en particulier en RDC depuis le début de l’épidémie, avec des moyens financiers, mais aussi du personnel médical. La diplomatie chinoise s’est engagée à continuer à soutenir les pays africains qui en ont besoin à lutter contre l’épidémie. Ce n’est pas la première fois que le pays s’engage et il l’a déjà fait dans d’autres pays, toujours pour Ebola mais par exemple en envoyant du matériel quand un cas s’était déclaré au Sénégal en 2014. Ces aides, elles font partie intégrante de la stratégie de soft power chinois un peu partout dans le monde et particulièrement en Afrique. Le soft power, c’est une stratégie d’influence qui passe non par la contrainte, mais par l’influence sur les esprits. Et d’ailleurs ça marche. Des études internationales montrent que la Chine est désormais plus populaire que les États-Unis dans le monde. À lire aussi La popularité de la Chine dépasse celle des États-Unis dans le monde Influence chinoise Il faut dire que sur son image en matière de santé, la Chine revient de loin. C’est un mauvais souvenir pour tout le monde, mais il faut bien revenir à l’épidémie de Covid-19, venue de Wuhan, en Chine. A l’époque, on se demandait comment était né le virus, une question à laquelle on n’a d’ailleurs toujours pas de réponse. Donald Trump appelait ça le « virus chinois ». Et l’Organisation mondiale de la santé demandait aux autorités de Pékin davantage de transparence alors que ce n’est pas toujours la qualité première. À leur décharge, dans des circonstances pareilles, personne n’aime admettre une forme de responsabilité. Et puis les choses se sont peu à peu retournées, la coopération s’est améliorée avec le patron de l’OMS, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. À tel point que les autorités américaines ont dénoncé l’influence chinoise sur l’organisation. C’est l’une des raisons pour lesquelles les États-Unis ont quitté l’organisation au retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Qui paye, commande Et c’est bien connu, la nature a horreur du vide. Avec les États-Unis, c’est le premier contributeur public de l’OMS qui est parti. Et la Chine les a automatiquement remplacés à cette place. Et qui paye commande, c'est le monde dans lequel on vit. Aujourd’hui, elle propose une candidature pour prendre la tête de l’organisation qu’elle a d’ailleurs déjà dirigée par le passé. À Pékin, on dit que c’est pour défendre le multilatéralisme. C’est une autre stratégie d’influence chinoise de placer des représentants dans les institutions internationales. C'est le cas à la FAO ou à l'Organisation de l'aviation civile internationale. C’est là que ses aides bilatérales, sur Ebola et d’autres maladies, viennent aussi compenser le désengagement américain dans de nombreux pays. Et c’est là que sa stratégie de soft power, même si on ne peut prédire le résultat, pourrait l’aider à remporter la direction générale de l’OMS. À lire aussi La Chine propose la candidature du docteur Song Li à la tête de l'OMS
C'est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre depuis quelques jours. Il s’agit des vues de certains membres du parti allemand d’extrême droite AfD sur ce que devraient être les frontières de l’Allemagne. Au départ, il y a la publication d’une carte qui a fait réagir. C’est un responsable bavarois de la branche des jeunes du parti qui l’a publiée le 3 octobre à l’occasion de la fête nationale allemande pour l’anniversaire de la réunification. Et il explique que la réunification aura vraiment lieu quand un seul état rassemblera l’ensemble du peuple allemand. Et dans cette carte, à l’intérieur des frontières de cette Allemagne, et même de cette grande Allemagne rêvée, on trouve des lieux où il y a des populations considérées comme germanophones. Alors il n'y a rien vers l'Est et vers la Russie que soutient l'AfD. En revanche il y a donc toute l’Autriche, annexée par les nazis en 1938, une grande partie de la Suisse, ce qu'Hitler n'a jamais osé envisager, un petit bout du nord de l’Italie, le Luxembourg, l’Est de la Belgique et évidemment, pour faire bonne mesure, l’Alsace et la Moselle. À lire aussi Allemagne: l'AfD veut relancer son mouvement de jeunesse, loin des polémiques Deux guerres mondiales Et cela a fait réagir en France. Logiquement. Parce que les deux départements alsaciens et la Moselle ont été annexés par l’Allemagne en 1871, posant les bases du conflit franco-allemand donc d’une grande partie de la première guerre mondiale dont le règlement a directement conduit à la deuxième. C’est donc assez normal que cela fasse un peu parler. D’autant que ce n’est pas la première fois. Quelques semaines plus tôt un autre proche du mouvement de jeunesse de l’AfD se faisait remarquer par des publications provocantes sur l’Alsace et la Moselle. Vérification faite sur son profil X, ce jeune homme, qui est autrichien, se présente aussi comme un masculiniste toxique. Il a manifestement besoin d’attention. Il a surtout besoin de soins, de prise en charge thérapeutique de niveau professionnel, si possible en équipe pour que ces soignants puissent se reposer, car lui ne se repose apparemment jamais. Dissimulation Cela ressemble à de la provocation, mais si on la relève c'est d'abord parce que si la carte de la discorde a été retirée depuis, l’AfD a réagi assez mollement. Sa cheffe Alice Weidel s’est abstenue de tout commentaire . Aucune sanction, aucune exclusion n’a été prononcée. Cela ressemble fort à une opération de dissimulation dont sont coutumiers les partis d’extrême droite qui veulent se présenter sous un jour respectable. Ensuite parce que l’AfD ce n’est pas rien. C’est le parti qui est arrivé largement en tête des deux dernières élections régionales en Allemagne. Le parti qui se voit bien succéder un jour à la CDU de Friedrich Merz, en grande difficulté depuis ces élections régionales. C’est aussi un parti qui bénéficie de soutiens internationaux puissants, parfaitement clairs et sans ambiguïté. Par exemple le vice-président américain JD Vance ou l’homme le plus riche et parmi les plus influents du monde, Elon Musk. Cela signifie que ces idées, ouvertement racistes et volontiers antisémites pourraient un jour revenir au pouvoir et qu’il faut informer, c‘est notre devoir, sur les conséquences qu’elles ont déjà eues par le passé avant de leur donner une deuxième chance. Enfin parce qu'il est encore permis d’en douter, permis au sens d' « autorisé ». Pour l’instant.
Le roi Felipe VI et la reine Letizia d'Espagne sont attendus à Ceuta aujourd'hui avant un passage à Melilla demain. Les deux enclaves espagnoles sont toujours revendiquées par le Maroc. Cette visite intervient un peu plus de deux mois après la crise migratoire qui a vu plus de 70 000 marocains arriver à Ceuta. Une crise migratoire avec des conséquences en cascade et notamment un risque sur les relations bilatérales entre les deux pays. La dernière fois qu'un roi d'Espagne était venu à Ceuta, c'était en 2007 et c'était le roi Juan Carlos. Cela avait entraîné une vive réaction marocaine. Le roi Mohammed VI avait à l'époque rappelé son ambassadeur à Madrid. Cette fois-ci, pour l'instant, rien de tout ça. Pas de commentaire officiel en provenance de Rabat sur une éventuelle communication entre les deux palais pour préparer la visite, même si le ministre espagnol des Affaires étrangères a déclaré que le roi Felipe VI n'avait besoin de l'accord de personne pour se rendre à Ceuta. Sahara occidental Il y a plusieurs explications à cette mesure remarquable. La première, c'est que malgré des fuites de rapports la police espagnole, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a bien pris soin de ne pas incriminer les autorités marocaines dans la crise de la fin du mois de juillet. Cela a sans doute été apprécié à Rabat. Il y a aussi le soutien espagnol depuis 2022 au plan marocain d'autonomie du Sahara occidental qualifié de « base la plus sérieuse crédible et réaliste » pour résoudre le conflit. La question du Sahara occidental, autrefois sous tutelle espagnole est l'alpha et l'omega de la politique étrangère marocaine. Enfin, les deux pays ont des relations et des dossiers en commun à gérer, comme par exemple la co-organisation de la coupe du monde football en 2030. À lire aussi Après la crise migratoire, le roi d'Espagne effectue une visite sous haute tension à Ceuta Limites du modèle actuel D'ailleurs le roi du Maroc n'a pas dit autre chose. Dans un discours pour l'ouverture de la première session du nouveau Parlement issu des dernières législatives, le roi n'a pas remis en cause pour l'instant le partenariat avec l'Espagne et il a admis que le modèle actuel de coopération migratoire a atteint ses limites. Il reconnait donc des dysfonctionnements et annonce une vision stratégique et une orientation nouvelle. Thème de campagne électorale En revanche, Mohammed VI a dénoncé l'exploitation politique de la crise. Il a bien remarqué que la crise migratoire est bien partie pour être l'un des thèmes majeurs de la campagne des élections anticipées du 29 novembre en Espagne. Le président du parti populaire, en tête des sondages, est venu lancer sa campagne à Ceuta. Le président du parti d'extrême droite Vox a fait la même chose hier. Il était accompagné du président du Rassemblement national français, Jordan Bardella. En essayant d'oublier les accusations d'antisémitisme dont il fait l'objet en France et qu'il conteste, il a prévenu que ce qui s'est passé à Ceuta pourrait être le destin de l'Europe. Il a par ailleurs salué la décision de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni de mettre en place des contrôles aux frontières avec l'Espagne. C'est peut-être aussi l'une des raisons du calme affiché par les autorités marocaines. Elles savent qu'une importante série d'élections arrive en Europe. Et elles n'ont peut-être pas envie d'alimenter une crise qui a le potentiel de s'étendre aux plus importants pays du continent européen. À lire aussi La visite de Felipe VI à Ceuta «permet de réaffirmer l'unité territoriale au delà des clivages politiques»
C'était un week-end de confusion dans le dossier ukrainien. D'abord avec l'annonce d'un accord de fourniture de diesel russe pour les marchés américains et mondiaux, à la grande colère des autorités ukrainiennes. Donald Trump a ensuite appelé au remplacement de Volodymyr Zelensky. Et enfin l'annonce par le président américain d'un accord de cessez-le-feu énergétique entre les deux belligérants. C'est une annonce qui a surpris tout le monde. Elle est comme souvent venue d'une publication de Donald Trump sur les réseaux sociaux . Et elle a surpris le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui se dit prêt à l'accepter si la Russie en fait de même. On attend toujours la réponse officielle de Moscou. Elle est venue par le bombardement d'installations électriques ukrainiennes après l'annonce de Donald Trump, ce qui doit signifier que l'accord n'est pas tout à fait finalisé. Soutien des puissances occidentales Cela fait quelques temps qu'il en est question. La guerre fait mal aux deux camps. Les frappes de drones ukrainiennes réduisent capacités de raffinage, de production et de financement de la Russie . Moscou tente à nouveau, pour le cinquième hiver d'affilée, de plonger l'Ukraine dans le noir et dans le froid. C'est pour cela qu'il est question de ce cessez-le-feu énergétique au moins depuis l'Assemblée générale des Nations unies en septembre. Avec le soutien des puissances occidentales, en particulier la France et le Canada. Pression sur l'Ukraine Si Donald Trump fait cela, c'est aux dépens de l' Ukraine et de Volodymyr Zelensky et donc au bénéfice de la Russie. Là aussi, ce n'est pas une surprise. Il faut se souvenir du guet-apens tendu au président ukrainien dans le bureau ovale en février 2025 avant qu'il soit chassé de la Maison Blanche, puis du plan de paix américain de novembre dernier qui reprenait quasiment intégralement les conditions russes, puis le tarissement de l'aide militaire américaine, sans compter les invitations à des responsables russes lors des différentes instances du G20 organisé par les États-Unis , jusqu'à inviter Vladimir Poutine au sommet et à ce coup de fil entre les deux présidents russes et américains vendredi. Il est assez clair que Donald Trump fait pression sur l'Ukraine pour mettre fin à la guerre. Attendre le verdict des urnes C'est vrai que bientôt cinq ans, c'est long. Et depuis qu'il est de retour à la Maison Blanche, cette guerre est un problème pour ce que Donald Trump estime être son image de fin négociateur. Il a lui-même déclenché une guerre en Iran qui déstabilise l'ensemble du Moyen-Orient et pèse sur les prix du carburant et dont il ne sait comment sortir. C'est donc une solution de facilité de s'en prendre à Volodymyr Zelensky à moins d'un mois des élections de mi-mandat. C'est l'horizon actuel du président américain. Tout le monde le sait. Y compris les Européens. Ils savent qu'il ne faut pas le critiquer en public et qu'avec lui, c'est souvent le dernier qui lui a parlé qui a raison. Et le dernier qui lui a parlé, c'est Vladimir Poutine , vendredi. Pour l'instant, il n'y a pas d'autre choix que d'attendre le verdict des urnes aux États-Unis et de reprendre le dialogue ensuite. À lire aussi Trump assure que la Russie et l'Ukraine ont conclu un «cessez-le-feu énergétique», Zelensky tempère
Le très prestigieux prix Nobel de la paix est remis aujourd'hui à Oslo. C'est une tradition bien établie depuis 1901, mais ces dernières années, l'attribution du prix a été soumise à polémique dans un monde plus en plus anxiogène, et dans un climat de plus en plus tendu. Évidemment, dès qu'il y a polémique internationale, il y a un nom qui revient souvent ces dernières années. C'est celui de Donald Trump . Il ne devrait pas l'avoir cette année après avoir attaqué le Venezuela et l' Iran . Et d'ailleurs, il fait moins campagne pour l'obtenir que l'an dernier quand il affirmait avoir mis fin à huit guerres en huit mois. Il n'avait pas réussi à convaincre le comité Nobel, qui lui avait préféré l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado. Elle n'avait pas échappé à l'ombre de Donald Trump et avait finalement remis sa médaille au président américain. Cela ne lui a pas servi à grand-chose, puisque depuis Donald Trump qui a fait déposer et enlever Nicolas Maduro n'a pas de mots assez aimables pour Delcy Rodriguez , issue du régime qui refuse toujours l'entrée du pays à Maria Corina Machado. Déceptions Donald Trump n'est pas la seule origine des soucis du comité Nobel. Il y a aussi des choix effectués par le passé et qui ont déçu par la suite. Les exemples sont nombreux. Citons l'opposante birmane Aung San Suu Kyi , lauréate en 1991 pour sa lutte non violente pour la démocratie et les droits humains. Devenue présidente de son pays son attitude au moment des exactions de l'armée birmane contre les musulmans rohingya lui a été reprochée. Désigné quelques mois après son élection en 2009, Barack Obama deviendra le président américain qui fera un usage immodéré des drones en Afghanistan et détournera le regard des lignes rouges qu'il avait lui-même fixé à Bachar el-Assad au début de la guerre en Syrie. Enfin, encore plus récemment, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a été récompensé en 2019 pour ses efforts pour la paix entre son pays et l' Érythrée . Il s'est lancé l'année suivante dans une guerre contre les rebelles du Tigré qui a tué plus de 600 000 morts, l'une des guerres les plus épouvantables de ces dernières années et qui est au bord de reprendre. Montrer l'exemple Alors il y a plusieurs solutions. Certaines ont été testées, comme davantage donner le prix à des organisations ou à des causes plutôt qu'à des personnalités politiques susceptibles de décevoir. Il y a aussi la solution de ne pas attribuer le prix, tout simplement. Cela existe. Exemple le prix Mo Ibrahim, du nom d'un milliardaire anglo-soudanais, pour la bonne gouvernance en Afrique. Faute d'ancien dirigeant satisfaisant aux critères, il n'a pas été attribué depuis cinq ans. Et puis le climat général n'est pas forcément à la paix, mais plutôt au retour de la loi du plus fort et de la guerre dans les relations internationales. Mais il faut dire que les seules fois où le prix Nobel de la paix n'a pas été attribué, c'était pendant les deux Guerres mondiales. Ce serait un symbole un peu trop fort et en ces temps troublés, il est peut-être encore temps de montrer l'exemple de ceux qui défendent la paix.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio était à Athènes mercredi 7 octobre. Au programme, une rencontre avec les dirigeants conservateurs grecs, mais surtout un discours pour réveiller, pour secouer l'Europe, dans un lieu historique et symbolique. La colline athénienne de la Pnyx présente l'avantage d'offrir une vue imprenable sur celle de l'Acropole et le Parthénon et d'offrir de superbes images depuis des siècles. Emmanuel Macron avait parlé d'Europe au même endroit en 2017. Pour Marco Rubio , l'objectif était double. Un : placer les États-Unis de Donald Trump dans la lignée de la Grèce antique, sans oublier de passer par l'étape du christianisme, en faire leur héritier direct sur le plan architectural, politique, dans le côté pionnier, explorateur et même militaire. Par exemple, il a parlé à la fois de la guerre contre l'Iran et de la bataille des Thermopyles où 300 spartiates s'étaient sacrifiés face à l'armée perse, ancêtre de l' Iran . Une histoire reprise par Hollywood dans un film à voir quand on est amateur de péplum et d'amitiés viriles. Deux : appeler l'Europe à sortir de sa torpeur et à assumer elle aussi ses racines et rejoindre ce mouvement, de choisir la puissance nationale plutôt que d'en avoir honte. Redresser la trajectoire Ce discours n'est pas nouveau. C'est celui que l'on retrouve dans la stratégie de sécurité nationale américaine publiée par la Maison Blanche et où il est expliqué que l'Europe s'est perdue en chemin et qu'il est nécessaire de redresser sa trajectoire idéologique. Il est répété inlassablement depuis la campagne Trump 2024 de manière plus ou moins virulente. Plutôt plus quand il s'agit du vice-président J.D. Vance à la conférence sur la sécurité de Munich en 2025 ou quand on confie la mission au secrétaire à la guerre Pete Hegseth de demander à ses homologues de l'Otan de faire plus pour la défense de l'Europe. C'est dit de manière un peu plus agréable, un peu plus diplomatique, enrobé dans des références historiques et philosophiques quand c'est Marco Rubio, un républicain à l'origine un peu plus traditionnel. Déchristianisation Il y a un autre pays qui a un discours un peu similaire, c'est la Russie . C'est un peu la même chose quand Moscou parle de déclin de l'Europe en citant la responsabilité de l'immigration, comme à Washington, ou le rôle des minorités LGBT. Même discours sur la déchristianisation de l'Europe qui oublie ses propres racines. Il est intéressant d'ailleurs de noter que ce discours religieux est aussi en lien avec la Grèce, via l'autre branche du christianisme, le christianisme orthodoxe. Mettre l'Europe au pas Le discours se présente sous des aspects philosophiques, mais le but est très prosaïque. Il s'agit de mettre l'Europe au pas, tout simplement. Côté américain en la plaçant en position de suiveuse des États-Unis. Objectif réel : permettre aux entreprises américaines de s'y déployer sans entraves réglementaires, notamment les géants du numérique. Côté russe, l'idée est clairement de l'affaiblir pour arrêter le soutien à l' Ukraine et reprendre pied dans ce que le Kremlin considère comme les marches de sa zone d'influence historique et sur laquelle il entend reprendre le contrôle. Contrôle perdu depuis que les pays de l'Est ont rejoint une Europe désormais prise en tenaille entre deux empires. À lire aussi Grèce: des manifestants dans le centre d'Athènes pour protester contre la visite de Marco Rubio
C'est l'anniversaire de Vladimir Poutine aujourd'hui. Le président russe a désormais 74 ans. Et dans sa guerre en Ukraine, qu'il a déclenché il y a plus de quatre ans, il ne donne aucun signe changement d'attitude ou d'inflexion stratégique malgré les difficultés. Les obstacles sont réels. Absence de progression sur la ligne de front. Vulnérabilité aux attaques de drones de l'Ukraine dans la profondeur du territoire russe, avec une ampleur toujours plus importante. Des centaines, parfois plus d'un millier de drones comme le 20 septembre, dernier jour des élections législatives en Russie. À chaque fois, des victimes, et des infrastructures pétrolières visées. Résultat : une diminution des capacités de raffinage, de distribution et d'exportation. Des pénuries et des revenus en moins et donc une pression fiscale et économique accrue sur les Russes. Davantage de moyens pour la guerre Et la réponse, c'est encore plus de guerre. Malgré les difficultés, le budget de la défense est en hausse et ce n'est pas près de s'arrêter puisque cette hausse est déjà programmée jusqu'à l'horizon 2029. Cela signifie davantage de drones, davantage de missiles et davantage de moyens pour les guerres plus ou moins hybrides. Le message, c'est que le président russe peut continuer comme ça aussi longtemps qu'il le souhaite et aussi longtemps que nécessaire pour atteindre ses objectifs stratégiques de soumission de l'Ukraine. Bien qu'il n'ait pas procédé à la mobilisation générale crainte pour après les élections législatives, il a tout de même augmenté les effectifs de l'armée russe de 50 000 hommes. Rhétorique menaçante La pression est toujours plus forte sur l'Ukraine et ses partenaires. Les missiles contre lesquels le pays n'a pas suffisamment de moyens antiaériens, continuent de pleuvoir sur les villes et les installations énergétiques, de même que les drones. Les autorités de Kiev doivent mettre en place des mesures de restriction sur l'électricité. Les cibles civiles sont toujours visées. La dernière tactique, c'est l'attaque contre des ponts de Kiev empruntés quotidiennement par des milliers de personnes. Parallèlement, la Russie augmente sa rhétorique menaçante contre les soutiens de l'Ukraine et notamment européens. Le week-end dernier, elle est revenue à sa menace de l'usage de l'arme nucléaire comme elle l'a déjà fait à plusieurs reprises depuis le début de la guerre. Cette fois si un pays s'en prenait à l'enclave russe de Kaliningrad entre Lituanie et Pologne. Faire des affaires Pourquoi Vladimir Poutine choisit la fuite en avant ? Parce que c'est son caractère, mais aussi parce qu'il n'est pas seul. Il est loin d'être un pestiféré. Il est aidé par ses partenaires : la Chine, qui malgré les demandes répétées continue à fournir des pièces nécessaires à l'industrie d'armement russe. Le soutien est aussi affiché diplomatiquement, à travers par exemple les bonnes relations montrées lors du dernier sommet de l'organisation de coopération de Shanghaï au Kirghizstan. Mais pas seulement. Vladimir Poutine a reçu une invitation pour le sommet du G20 organisé à la fin de l'année par les États-Unis, où l'entourage du président ne cache pas son impatience de pouvoir faire des affaires et de renforcer ses liens financiers avec la Russie. Ils existent déjà. Un oligarque russe qui affirme avoir été remboursé depuis, a avancé les frais du mariage de Don Jr aux Bahamas. Et des proches de Donald Trump se préparent à acheter des actifs du géant énergétique russe Lukoil , officiellement pour favoriser la paix et faire baisser les prix de l'énergie.
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Observed November 4, 2026.
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